EDMOND FALLOT
BEAUNE
Une moutarde de Dijon n’est pas forcément une moutarde de Bourgogne. La première désigne avant tout une recette et peut être fabriquée avec des graines venues de loin. À Beaune, la Moutarderie Fallot travaille depuis près de deux siècles à maintenir un lien beaucoup plus étroit entre la moutarde, son savoir-faire et son territoire.
L’histoire commence en 1840, lorsque Léon Bouley fonde sa moutarderie à Beaune. La maison passe ensuite entre plusieurs mains avant d’être reprise en 1928 par Edmond Fallot, dont elle porte toujours le nom. Aujourd’hui, son petit-fils Marc Désarménien poursuit l’aventure familiale dans l’atelier historique du Faubourg Bretonnière.
Fallot a surtout conservé une méthode devenue rare : les graines sont lentement broyées à la meule de pierre. Contrairement à un broyage plus rapide, ce procédé limite l’échauffement de la pâte et permet de mieux préserver le piquant et les arômes de la graine. Une technique ancienne qui continue donc à avoir une fonction très concrète dans le produit.
Mais la maison a également participé au retour de la culture de la graine de moutarde en Bourgogne, presque disparue au cours du XXe siècle. Ce travail collectif a notamment abouti à la reconnaissance de la Moutarde de Bourgogne IGP, élaborée avec des graines cultivées en Bourgogne et du vin blanc bourguignon.
Chez CHAMP, c’est cette combinaison qui nous plaît chez Fallot : une maison familiale qui n’a pas conservé ses meules de pierre pour le décor, mais parce qu’elles continuent à faire partie de sa manière de travailler. Et derrière un condiment aussi quotidien que la moutarde, la possibilité de retrouver une origine, des graines, un vin et un véritable savoir-faire bourguignon.